Raph' chez les Buveurs de Sirop d'Erable

20 juillet 2008

Deux mois après, suite

- au milieu de tout ça, un peu de travail quand même, avec des journées d'inventaire des sites où poussent potentiellement les bleuets en prévision de la récolte de l'été.

bleuetbleulouisacharlie

Et là, je dois conduire ça (il a fallu mettre l'appareil en mode panoramique pour l'avoir entier...)... un monstre qui ferait frémir la cellule enviro !!!

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_ Après cet intermède bien trop studieux , on repart sur les balades sympa à droite à gauche

inukshuk
canot4tzempspatateslac

Ca c'est le genre de serpent sur lequel je marche systématiquement en rando (3 fois en trois balades), celui-ci je lui ai même foutu les mains dessus en escaladant son rocher mais il devait être dans un de ses bons jours...

serpent

J'aurais adoré vous conter comment j'ai survécu à chacune de ces palpitantes confrontations : Johanna qui aspire le venin hors de la morsure, le transport en hélico, les injections d'adrénaline en plein cœur avec une seringue de la taille d'un magnum de champagne etc etc, mais malheureusement mes petits anacondas des bois sont aussi inoffensifs que des vers de terre sous Valium.

_ visite de L'attraction de Val-d'or, la mine d'or !!!

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La mine Lamaque, exploitée dès 1935 et jusqu'en 1985, est aujourd'hui fermée après une brillante carrière (elle est considérée comme l'une des plus riches du Québec) et est aménagée pour accueillir les touristos... claustro s'abstenir!

equipementmine
grouperaphexplosifs

Nous avons donc passé quelques heures à 90m sous terre, vagabondant joyeusement dans les boyaux obscurs entre les foreuses et les postes de dynamitage, éclairés faiblement de nos pesantes loupiottes frontales.  Si 90m vous mettent déjà la chair de poil sachez que la mine fait plus d'un kilomètre de profondeur, avec 24 niveaux (qu'un ascenseur était capable de descendre en 10 sec...burp)

En surface, visite des labo d'analyse des échantillons et de la salle des machines.

lingot_four2foursalle_machine

once
L'or se porte bien puisqu'une once (33g) se vend approximativement 570€
De quoi justifier le déplacement d'un bout de village entier, à cheval sur un filon, à 20km de Val-d'or.
Le souci c'est que généralement, les compagnies s'arrangent pour faire faillite à la fin de l'exploitation pour ne pas avoir à reboucher le trou des mines à ciel ouvert et/ou à décontaminer et restaurer les sites, bousillés par l'utilisation massive d'acide nitrique et de cyanure...

_ vacances bis, direction la Gaspésie (en passant par le 400ème anniversaire de la ville de Québec)

Québec:

stlouisquebec
policefeux

et la police montée !!!

Gaspésie:

plagebordcoucherfou
parcgaspegeocanotmarguerite
pharefleur1rocher

Avec quelques rencontres sympa...

    - Mère orignal et son petit dans le parc de Gaspésie

orignal2orignal

    - Phoques dans le parc du Forillon

phoquephoques2canotsgeo

    - Baleines vues (et entendues) des côtes, porc-épics

rorqualscotekak

    - Ours noir à 10m... flipette!

ours2

    - Colonies de fous de bassan, sur l'île de Bonaventure

coloniesoiseaux2oiseau1vol

Et comme on ne s'en lasse jamais, encore des couchers de soleil...

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Prochain épisode : LA rando canot avec la communauté...

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18 juillet 2008

2 mois plus tard...

et quelques centaines de piqûres de maringouins plus loin, me voici toujours fraîche et vaillante tout comme au premier jour.

Résumé de deux mois plus québécois que jamais.

_ vacances en famille à Charlevoix en Mai

baieaquarium2

chutestadoussacoies

_ premier voyage au village d'été de la communauté, accompagnées de Louisa et Charlie.

kitcivillage
canotraphkitcisakik
eglisebiseglise

On aperçoit ici la chapelle Ste Clothilde, la plus ancienne bâtisse de tout le patrimoine abitibien. Elle fut construite en 1863 pour remplacer les Esprits du cœur de la communauté par un seul... Si aujourd'hui certains se laissent guider de nouveau par l'âme de la forêt, le chant des arbres, les murmures des ruisseaux, leurs aînés les pointent du doigt et dénoncent leurs comportements hérétiques et la pratique de sorcellerie...Mission accomplie.

louisa

_ en juin, petit voyage le temps d'un week-end dans le Grand Nord, à Radisson.

cartepanneau

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Radisson est aujourd'hui un village de 300 âmes situé au milieu de rien. Petit îlot de civilisation qui servit jadis à héberger près de 2500 travailleurs venus des quatre coins du Québec et d'ailleurs pour œuvrer sur le "Projet du siècle", le chantier de la rivière La Grande soit le plus gros complexe hydroélectrique du monde (8 centrales + une en construction pour une puissance totale de 15 000 MW)

Radisson est aussi le seul village non autochtone situé au nord du 53ème parallèle qui soit accessible par la route...Le village peut également se vanter de son - 4°C de température moyenne annuelle (ce qui permet aux habitants de se partager une unique tondeuse à gazon) et de ses magnifiques aurores boréales.

Quelques photos du trip dans la taïga...

avion2taigalg1caribou
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L'évacuateur de crues ou "l'escalier des géants". Chaque marche mesure 10m...

_ Le 21 juin : journée nationale autochtone où avec Johanna, nous avons œuvré dans la communauté en tant que cuisinières - dégraisseuses de bacon - serveuses - babysitteuses - aides chantier sur la construction du tipi - attraction générale de la galerie autochtone.

A notre actif, plus de 150 panses remplies trois fois.

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buffet
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koukoumgateaudoyenne

Un tipi monté - démonté - remonté - redémonté - déplacé - reremonté

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Un concours à se fendre la bûche...Les françaises ont miraculeusement limité la casse en ne blessant personne durant leur prestation, si ce n'est leur carrière de bucheronnes professionnelles...


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Une jolie journée dans la communauté passée au milieu de dizaines de chiards plus collants que du papier tue-mouche, qui vous désarment plus vite qu'un fondant au chocolat...

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Après un feu d'artifices (qui n'aura fait de victimes dans les rangs que par un nouveau miracle céleste) on finit la journée par une visite au nouveau pensionnaire de Louisa... un autre machin qu'on passerait bien sa vie à bichouchouner.

ourson


A suivre...

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24 mai 2008

On n'est pas sortis du bois !

Deux mois à subir le froid, la neige, le verglas, le sevrage au Ste Maure-de-Touraine.

Suivi d'un mois à réapprendre à vivre avec le soleil (après un s'être pris + 40°C dans la tronche en 2 semaines genre pif il fait -20, pouf il fait + 20). Cette période est d'ailleurs une vraie bénédiction: les gens sont heureux, rient comme des foufous ; les petites vieilles (qu’on croyait toutes mortes pendant l’hiver) ressortent enfin le bout de leur nez ridé, maintenant que le col de leur fémur est à l’abri sur le béton bien sec, et  s’en vont enquêter toutes fébriles sur qui a bel et bien trépassé (c’est le Survivor du troisième âge) ; enfin ceux parmi les moins hardis qui n’avaient pas encore osé sortir leur méga barbecue du garage franchissent enfin le pas (troisième évènement national après la loi sur la francophonie et la date anniversaire de l’invention de la poutine).

Malheureusement pour nous, ce doux passage fut intégralement consacré au travail « plate » de bureau, échéances de projets obligent. En résumé, 3 mois à loucher sur les pixels de nos ordinateurs. 3 mois de stage laborieux qui se sont finalement envolés en fumée en l’espace de deux jours épiques.

Pour situer le contexte, notre maître de stage nous a lâchement abandonné il y a deux semaines de cela pour aller se consacrer à l’étude de l’impact sur la faune des produits contaminant utilisés par les mines d’or de la région. Accompagné de trois algonquins, il trappe et chasse le castor, l’ours et l’orignal, prélève des échantillons de foie qu’il fait par la suite analyser pour établir le degré d’empoisonnement des animaux. Concrètement, il est payé pour faire ce dont tous les Québécois mâles rêvent pour leur week-ends et vacances. Dormir au bord d’un lac, se promener en pick-up et tirer quelques cartouches. Comme on geignait depuis des semaines sur nos tristes sorts de trimeuses d’intérieur, notre cher maître nous a finalement embarqué avec lui.

Direction la nature sauvage, la vraie, ce que tout le monde appelle ici "le bois".

lac

Ca c'est le cadre.

Arrivée au camp le mercredi soir avec un couple de collègues et Louisa notre amie algonquine, pour retrouver nos trappeurs - chasseurs de choc. Sur le chemin, petite introduction au métier avec l'étude de traces déposées fraîchement dans le sable par des animaux qu'on ne préférerait pas croiser seul la nuit...

tentemoigan


Les campeurs ont installé une giga tente sur place. C'est sympa y a des bouts de castors attrapés la veille éviscérés un peu partout. Euh sinon, y a pas des ours et des loups dans la coin ? "Bah s'ils viennent on aura pas à aller les chercher" Les Français manquent décidément de jugeote...
Soirée tranquille : canot, "banique" (pain traditionnel amérindien, cuit dans l'huile youhou!) et musique. Bon, on est un peu déçues de ne pas les voir bouffer du castor cru mais on apprendra plus tard que c'est juste parce qu'ils mangent léger le soir...
 

 

canotcindy
pechetente2musique

Après un charmant réveil à 5h juste pour nous pourrir (d'habitude la dream team soulève les paupières 2h plus tard) puis un petit déjeuner de...baniques, départ pour le terrain. Au programme, vérifier les pièges à castors et les collets à ours. Sur le chemin, de nouvelles traces très excitantes!

traceloup

Un "petit" loup ici (gloups). On retrouve dans ses crottes ce qui ressemble à des ongles de caribou. Il ne reste qu'un micro-troupeau de 30 individus dans la région, il faut donc en  informer les agents de conservation et s'arranger pour que le loup ne remette pas ça...un collet est posé sur le sentier.

colletloupcolletcollet_loup

Les pièges à castors et à ours n'ont rien donné ce matin. Mais on repère un autre coin avec des traces fraîches d'ours! Une mère et son petit sont passés tôt ce matin. Alors on utilise les restes de castors attrapés et faisandés pour appâter. Sans les gants, c'est plus fun.

mokosagan

Retour au camp ensuite pour le déjeuner (cooool des baniques! et des spaghet', moins exotiques...) puis travail intense. Pour la bonne conscience, on tente un geste d'utilité communautaire : avec Johanna on s'empare des kits de chimistes fous et testons la qualité de l'eau du lac. Ostie elle est fraîche en criss!

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Ensuite, petit atelier séchage de peau de castor. La peau est d'abord retirée de l'animal puis étendue sur un cerceau de bois pour pouvoir sécher.

peaucastorlouisa

Enfin entourées par toute cette testostérone et ces cartouches, on n'aurait pas pu y échapper... Planquez-vous !!!

acouvertattention

Bon il a été prouvé que les animaux n'avaient vraiment rien à craindre avec nous deux (quoiqu'un ours en train de s'pisser de rire dessus, ça bouge moins vite)


Et voilà pour cette expérience mémorable! Il ne nous manque plus que les toques de trappeurs en raton-laveurs...

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Enfin pour la petite histoire, qui malheureusement ne se finit pas toujours bien pour tout le monde, il faut savoir que winnie et sa maman sont finalement tombés le lendemain dans les filets de nos trappeurs scientifiques...pour le bien de leur prédécesseurs.

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03 mai 2008

Moose hunting

Petite note introductive:

Eh oui, nul n'ignore que mondialisation oblige, nous vivons actuellement des temps sombres où le sous-traitement fait rage... Et même les blogs finissent par y passer! Le principe est simple: parce que rien qu'à la vue d'un ordi, vos dents du fond se mettent à baigner, ou parce que simplement vous n'avez plus une minute à vous, vous décidez d'envoyer vos photos hors contexte à une petite entreprise qui se charge de raconter vos aventures pour vous (sans savoir vraiment de quoi il en retourne).
Pour des raisons linguistiques, cet article n'a cependant pas été réalisé à Taïwan mais par un authentique spécimen francophone basé en Écosse (pour la touche exotique) que je salue bien bas d'ailleurs pour sa performance grandiosement illuminée!!!

Cher public,

Vous devez certainement penser que ce blog manque un peu d’adrénaline, d’action et de steak de caribou. J’avoue que traverser des lacs gelés au péril de ma vie et manquer de finir congelée chaque matin en sortant de chez moi, ça va bien un peu, mais on s’en lasse rapidement. C’est un peu comme dans Indiana Jones, au dixième pont de lianes, on en viendrait presque à espérer que cette fois-ci, il va finir dans un croco.

C’est pourquoi j’ai décidé le week-end dernier, de participer au grand concours annuel de chasse à l’orignal, du village indien de Pluhmdanlcuk, qui peut se traduire littéralement par « là-où-la-rivière-est-rapide-et-où-les-écureuils-batifolent ».

concours

 

Tous les ans, les meilleures gâchettes de la région se retrouvent à Pluhmdanlcuk, et partent affronter les bêtes sauvages et les éléments déchaînés, dans l’espoir de revenir victorieux, un moose en travers des épaules (bon en vrai, c’est plutôt à l’arrière d’un pick-up mais ça casserait le mythe).

Les participants peuvent se regrouper par équipes, pour augmenter les chances de surv… de descendre un orignal, et se partagent le butin à la fin. Je vous présente donc notre équipe de choc :

- Jo, ma fidèle coéquipière,

- Gérard, notre guide spirituel qui a fait vœu de silence (là il dit qu’il a faim),

- Pas-une-flèche, une redoutable guerrière algonquine,

- et moi, Raph, aventurière sans peur et sans reproche.

_quipe

 

Avant de partir à la poursuite du bestiau, plusieurs rituels s’imposent. Tout d’abord il faut s’attirer les bonnes grâces des dieux de la nature. Ca c’est important, ça permet d’éviter de se retrouver coincés sous une avalanche, d’être foudroyé, ou encore de se faire attaquer par des lapins enragés, tout dépend de si les dieux sont très fâchés, ou pas trop fâchés (tout ça c’est de la métaphysico-théologo-cosmolonigologie abitibienne, dont je vous passe les détails).

Pour commencer, on demande au dieu des orignals (on dit des orignaux ?) de nous autoriser à massacrer quelques-uns de leurs congénères, en expliquant qu’on en a marre du MacDo.

serpent

Là je suis en pleine concentration...lapin

 

Ensuite, on s’excuse d’avance auprès des dieux des autres bestioles pour les dommages collatéraux en perspective, vu qu’on sait pas viser, et que si on voit un truc qui bouge, on tire.


Johanna, en train de saluer le dieu des loups.

 

Une fois cette formalité accomplie, il nous reste une seconde tâche importante : nous constituer des raquettes en tendons d’orignal, afin de pouvoir nous aventurer fièrement dans les grandes forêts enneigées. Il faut savoir que les pluhmdanlcukois mettent un point d’honneur à partir chasser avec des raquettes de fabrication artisanale, et les raquettes Decathlon sont interdites par le règlement.

Pour fabriquer de belles et résistantes raquettes, c’est très simple. D’abord il faut faire bouillir les tendons dans une grande cuve remplie de graisse de castor afin de les imperméabiliser. Il suffit ensuite de les tresser bien serrés, perpendiculaires les unes aux autres, puis de les attacher sur des morceaux de bois d’érable.

bouillontryagainraquette

 

fildentaire

Johanna a bien essayé de s’en faire un string, mais ça n’a pas marché.

 

 

Une fois tous équipés, et après une longue préparation psychologique, nous sommes enfin partis, armés jusqu’aux dents, et bien décidés à ne pas revenir brocouilles.

couteaugretel
Jean-Michel, notre fournisseur d'armes

 

Nous avons joyeusement enfilé nos raquettes flambant neuves, et sommes partis à la queue leu leu, Gérard en tête (Gérard étant muet, il a un très bon odorat), et Pas-une-flèche fermant la marche (c’est la plus petite donc si un couguar se pointe, ça sera pas une grande perte).

C’est là qu’on a réalisé que marcher dans la neige au milieu de la forêt avec dix kilos de bric-à-brac sur le dos, c’est marrant cinq minutes, mais ça n’a rien d’une promenade de santé. Alors quand il faut en plus enjamber des troncs d’arbres, et escalader des cascades gelées… l’idée de faire demi-tour et de rentrer se pieuter fissa, finit par se profiler à l’horizon.

Mais notre rage de vaincre et surtout le bidon de rhum que j’avais eu la présence d’esprit d’emporter, nous ont redonné le courage de continuer.

dentifrice

 

Mais traquer l’orignal, ça ne s’improvise pas. Comme nous l’expliquait plus tôt Pas-une-flèche, il faut penser comme un orignal, agir comme un orignal, devenir soi-même orignal, afin d’emprunter les mêmes chemins…qu’un orignal. Alors bon, c’est bien joli tout ça, mais comment on fait l’orignal, me direz-vous ?

Je vous propose une explication en image, admirez le travail (un indice : tout est dans les oreilles) :

muflelutin

 

Avec une telle maîtrise de la technique, nos efforts ont donc fini par payer, et après avoir malencontreusement tiré sur une ou deux chouettes, une espèce d’ours, et un lynx des montagnes … nous avons enfin déniché un orignal, bien fourré, gros et gras, et tout à fait disposé à finir en brochettes !

accidentschoupinette
                                                    Notre cible

Et là, tout s’est enchaîné très vite. Jo et moi avons commencé à tirer approximativement dans la direction de l’animal, ce qui n’a pas servi à grand chose, à part évidemment faire fuir notre steak sur pattes. C’est là que Gérard s’est héroïquement jeté sur le steak en question, le faisant trébucher, et permettant à Pas-une-flèche de lui décocher un carreau d’arbalète en plein dans le mille.

Après avoir passé une heure à dégager Gérard de sous la carcasse, nous sommes joyeusement rentrés au campement, avec de la viande pour 6 mois.

Le soir, un grand banquet était organisé en notre honneur, et Gérard nous a préparé un ragoût, tandis que Pas-une-flèche allait chercher du sirop d’érable pour arroser tout ça.

campchaudroncrystal

Le chef du village en personne nous a félicités pour notre bravoure, et nous a offert des peaux de bêtes ainsi qu’un tapis en poils de marmotte, très tendance (ce qui a failli provoquer une dispute quant à savoir qui allait le garder pour chez lui, mais notre diplomatie d’ingénieur nous a permis de remporter la mise).

tintincarpette

De retour à la civilisation (enfin tout est relatif), il a tout de même fallu stocker 150 kilos de futur-steak dans le congélo (on aurait pu les laisser dehors, mais on n’est jamais trop prudent par les temps qui courent). Je dois dire que découper un bestiau pareil en petits morceaux n’a pas été chose facile, mais que voulez-vous, un barbec d’orignal, ça n’a pas de prix !

daltoncricket

Et j'empaquète encore et encore...Mais après l'effort, le réconfort!

 

Alors si vous sentez que vous avez un petit creux ou si vos papilles sont avides de saveurs sauvages, n’hésitez pas à nous rendre visite, il y en aura pour tout le monde !

Notre prochain objectif après cette expérience épique : tuer un ours à mains nues. Paraît que c’est pas mauvais non plus …

 

Note bis: revanche à suivre sur http://findingnessie.blogspot.com/

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27 avril 2008

Brisons la glace...

Certains mettent systématiquement la grole dedans quand elles s'offrent amoureusement à nous sur le trottoir, d'autres portent toujours un t-shirt blanc quand c'est spaghetti bolo au menu, d'autres encore sont désignés d'office pour accueillir d'une épaule ou d'un crâne ingénu les chiures de mouette à la plage, moi j'ai développé un autre style pour les accumuler...Changement de cadre et de culture oblige, il fallait un peu innover. Je croyais que l'expression "c'est toujours sur moi qu'ça tombe" était un gros délire d'hypocondrio-paranoïaque, j'ai revu ma théorie depuis peu...thermo

Tout a commencé par un beau dimanche matin du mois d'avril. Comme le montre la photo ci-contre, le mercure se fait un peu trop plez: adios les - 52°C on boxe maintenant  dans la catégorie des positifs et notre petite baguette de coudrier baromètre (un accessoire charlesque...) a la trique (cf. photo) nous signifiant son large contentement. Bref, place à notre contrepètrie belge préférée IL FAIT BEAU ET CHAUD!

Alors QUOI DE MIEUX QU'UNE BALADE SUR LA RIVIÈRE GELÉE POUR FÊTER LE RETOUR DE LA CHALEUR??? Question stupide d'une française stupide qui ne sait même pas apprécier "la beauté éphémère de l'hiver abitibien" (éphémère mon cul t'as le temps d'le voir passer ton papillon!!!)
En tout cas partout ici les gens se transforment en véritables boulimiques du flocon pour ne rien louper des derniers week-ends de frette. Et tiguidou qu'ils te ressortent les patins, les skis, les luges, les raquettes et c'est limite s'ils voudraient pas enfiler tout en même temps. "Hé chérie jsors faire mon dernier Paskiluquettes!" "N'oublie pas ton Mifoutuque!" (ndlr: explication de la blague du jour: mitaines, foulard et tuque signifiant gants, écharpe, et bonnet)

Bref! Est-ce une déformation du syndrome de Stockholm? Ptête ben...Le coup classique: la neige nous a bien crissé les gosses pendant 4 mois mais bêtement, on finit par s'y attacher. Et quand subitement elle nous fout enfin la paix on se sent tout perdu, la pelle a neige nous fait pitié, la désaleuse déprime et le sirop d'érable n'a plus de goût...
Donc bref les derniers week ends en blanc c'est un devoir national que de profiter des ultimes parcelles enneigées.

Et donc on the road again, direction le pont de la rivière Caille pour une dernière rando printanière.

outaouaisfondu

Tiens c'est marrant la dernière fois ce trou là il y était pas...

Trois kilomètres de fleuve gelé plus loin, nous voilà revenus sur la terre ferme, arrivant en vue du petit chalet que nous étions venus visiter. En tout cas les affamés de la poudreuse doivent se faire plaisir, y a tellement de matos qu'on s'enfonce complètement à chaque foulée (voire bouffée...). On finit le trajet à quatre pattes avant de tenter la technique rouleau de printemps...après tout c'est la saison. Notez que Jo est debout sur la prochaine photo.

jo_deboutchalet

Petit obstacle avant d'arriver au chalet: le canal de la mort qui tue
6 m à traverser. Une broutillette.

canal

Notre Chichigui national ( = "héron" en algonquin) alias François, notre collègue de 2 mètres quarante douze pour 75kg, s'élance en première ligne sur le canal gelé la confiance gerbant de tous les pores de sa peau et progresse d'un pas assuré vers la berge salvatrice. Tiens, c'est rigolo, 10 mètres plus loin y a un petit trou dans la glace qui fait blop et recrache de l'eau chaque fois qu'il fait un pas. Et vous entendez pas des craquements bizarres??? "C'est le vent ostie" yeeeaaaah right!

N'empêche que le chichigui avec ses grandes pattes d'oiseaux il arrive de l'autre côté! 1 point pour le clan des bûcherons.

Ok bon bah ni une ni deux après tout nous sommes en présence d'un enjeu de fierté nationale, pi ça arrive que dans les films les conneries à la Léo au milieu des icebergs, enfin c'est ptête un héron l'oiseau mais nous on n'est pas des poules mouillées let's go then...à mon tour de marcher sur l'eau! (en y repensant il est quand même fort ce Jésus)

Bon bah la suite on s'en doute, les craquements et tout le bordel c'était pas que pour faire joli, heureusement Chichigui n'a pas que des grandes pattes, il a aussi des grands bras pour pouvoir vous attraper à la minute où une crevasse s'ouvre sous vos pieds... Bilan: un demi-talon humide, une bonne tachycardie et une mini-banquise recouverte d'eau en moins de temps qu'il ne faut pour tremper la botte dedans.

crevassecrevasse2crevasse3

canal1canal3canal4

Forcément, le chalet est sur une île donc forcément, il faut retraverser (200 mètres plus loin histoire de retrouver un peu de glace intacte...) et forcément, rebelotte... cette fois-ci la punition est plus sévère, c'est la cheville qui va flirter avec les glaçons, toujours dans le camp français (et toujours moi forcément mais mon orgueil morfle à l'écrire...) Cependant, pas de perte d'orteil au programme (déception dans le public) parce que ça a beau être moche ça coûte cher ces machins-là.

Le lendemain, on arrive au bureau, et naturellement tout le monde braillait gaiement que les deux françaises étaient tombées entièrement dans la rivière gelée. C'est ce qu'on appelle le téléphone algonquin.

Cependant, il serait triste que l'histoire se termine ici. J'évoquais en effet plus haut un phénomène de répétition, à l'origine de mon regard blasé sur ma relation conflictuelle avec les rivières gelées.
Une semaine plus tard, nous retournions sur le terrain avec quelques membres de la communauté à la recherche de traces d'orignal (qu'on appelle aussi élan en Europe).

traceprofondorignal1piste
Les traces mesurent plus d'un mètre de profondeur. Remarque: contrairement aux Québécois, la neige c'est pas vraiment son trip vu que Décathlon ne fait pas encore de raquettes pour orignal et que ça lui bouffe pas mal d'énergie de balader partout ses grandes gambettes.

Quand on a découvert la piste, c'était bizarre comme moment, presque solennel: l'orignal est vraiment unmoos animal très estimé par les algonquins, qui ne le chassent pas mais le "prélèvent", remercient Djo djo Aki (Notre Mère la Terre) pour ce cadeau et utilisent encore aujourd'hui absolument tout ce qui peut l'être dans l'animal, que ce soit la peau pour les vêtements, les os et le panache pour l'artisanat, les tendons pour les raquettes et mangent tout le reste. Miam. Comparons à cela aux chasseurs blancs qui abattent la bête, leur scient la tête, abandonnent le reste du corps et fixent le trophée de leur virilité sur leur pick-up jusqu'à ce chacun de leurs blaireaux de potes leur ai fait un commentaire admiratif emprunt de jalousie et de dédain, en se promettant tout bas d'en abattre un plus gros dans les plus brefs délais pour exposer sur son truck plus gros.

Bref. Ce jour là, nous n'étions pas dans le bois pour comparer la taille des fusils. Les chasseurs algonquins qui nous accompagnaient et qui connaissaient la responsable de ces traces (une femelle puisque les ergots sont placés haut, "comme les talons d'une dame") étaient alors à la fois fier de nous montrer leur trésor mais aussi presque émus, et très respectueux envers elle, même attentifs à ne pas abîmer les marques de l'orignal. C'était chouette...

Après cette escapade très poétique et culturelle (au milieu de chasseurs, ça change!) je me suis laissée tenter par une ultime démonstration  de mes talents de perceuse à banquise. On avait senti le vent venir pendant la traversée du lac gelé, en remarquant que nos raquettes s'enfonçaient dangereusement dans la croûte en laissant des traces humides derrière nous (surtout qu'on fermait la marche après le rivierenispassage du troupeau!) mais une fois n'est pas coutume, en queue de peloton c'est moi qui m'y suis collée sur la traversée d'une petite rivière... J'avais quand même un titre à défendre! Faut que je leur demande quelle est la traduction de Moïse en algonquin...

Truc & astuce pour la traversée de glace pilée: les raquettes de 1m de long sur 40cm de large, ça aide pas...


Le mot de la fin: dans le prochain message, il n'y aura plus de neige ni de glace et ça c'est cooooooool

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19 avril 2008

Québec city

Petit roman photo de notre sublissime échappée sauvage vers la civilisation !!! 

Val-d'or - Québec = 8h30 de route, soit 1h de plus que Paris - Montréal... vu qu'un week-end conventionnel aurait été un peu rock'n'roll pour l'aller-et-retour, nous avons patienté jusqu'à Pâques pour prendre la route. Eh oui, tout le monde ici a beau cracher sur le catholicisme depuis les années 60 et bouder les églises (jusqu'à les reconvertir en appart ou en bibliothèques), plus personne ne l'ouvre quand il s'agit de profiter de deux jours fériés au frais du Seigneur...
Nous avons donc revêtu nos plus beaux habits de touristes, et accompagnées de notre collègue et guide Merlin (enchanté!) nous avons passé 4 jours merveilleux dans cette belle dame au bord de l'eau.
Ce fut également l'occasion de retrouver une jolie gazelle perdue au fin fond des neiges...


2008, c'est deux choses pour la ville de Québec :

- les 400 ans de sa création. Petite parenthèse historique:

En 1535, l'honorable Jacques Cartier jette l'ancre sur le continent Nord Américain à proximité du village Iroquois de Stadaconé, qui abrite 500 âmes pacifiques vivant de chasse, pêche et culture de maïs et courges. histoire
L'hiver colle une grosse raclée à nos vaillants petits Français (comme on les comprend!) bref en range la moitié (faim, froid, scorbut) et laisse l'autre, sauvée par les Iroquois, dans le bus-retour, la queue entre les pattes.
Nouvelle tentative de Cartier 5 ans plus tard ("NON ce n'est pas mon dernier mot Jean-Pierre") mais pas
d'bol nouvelle claque: décidément le scorbut c'est pas sympa, pas plus que les sauvageons qui commencent à en avoir ras le scalp des pique-assiettes dépigmentés et les prient donc de vider les lieux dans les délais les plus brefs, ne leur faisant en somme pas de cartier! (attention c'est la blaaaague)
Le Cartier en question croit cependant sauver les meubles en ramenant à son boss une chouette cargaison d'or et de diamants, qui se révèle être une jolie brouette de pyrite de fer et de quartz...Bon la vie c'est trop inzuste bordel il aurait mieux fait de consulter son horoscope avant de grimper dans la Galiote et décide donc de jeter l'éponge...
Finalement, en 1608, il y a 400 ans précisément, Samuel de Champlain tente sa chance à son tour et part planter sa tente au village de Stadaconé (abandonné par les Iroquois) où vont s'épanouir les premiers colons européens et qui deviendra la future ville de Québec.

- Mais 2008, en plus de cette occasion de rameuter plein de touristes en fêtant l'anniversaire de la construction de la cabane en bois de Champlain  (un siècle et demi plus tard, la ville ne dépasse pas les 1700 habitants...) 2008 c'est surtout l'année de tous les records question neige en délire!!!


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Bon il est juste tombé un truc comme 8 mètres de neige, ce qui casse royalement les melons d'un demi-million de pauvres bougres mais permet à tous les autres, notamment les touristes niais et insouciants de bien rigoler à toucher le haut des lampadaires et autres stupideries le temps d'un week end...

Au programme donc: visite de la vieille ville

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Mais Québec c'est surtout le château de Frontenac...

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Les rives du St Laurent, avec ses pistes de glissade, ses canons sous la neige

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Le petit Champlain, Le petit séminaire

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Québec, c'est aussi les gâteaux aux carottes et les carrés aux dattes, les églises transformées en bibliothèque, les épiceries fines, ...

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C'est aussi l'île d'Orléans et ses vergers, sa banquise en lambeau, ainsi que les chutes de Montmorency (plus hautes que celles du Niagara...) et également l'ancêtre de la motoneige!


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Notre gazelle nous a également présenté ses amis français sur qui nous avons pu exercer nos talents de cuisinières du soleil  histoire de se dépayser un peu...wepas cwéole au menu ma doudou là di don!
Allez, pour les papilles! Salade crevettes pamplemousses avocats, poulet ananas coco avec son riz banane, raisins secs et amandes grillées, et enfin une tarte aux framboises à la pâte sablée au chocolat (avec de la noix de coco rapé pour faire couleur locale) le tout fait maison s'il vous plaît...

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Et comme on ne descend pas souvent à Québec, nos producteurs nous avaient encouragé à donner un petit concert privé dans un bar rue St Jean...


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Devant une foule en délire !!! (euh jte dois combien Jo d'ailleurs???)


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Nous avons également réglé nos comptes, jo et moi...

Bref, ce fut trop court... mais cette bonne bouffée de gaz d'échappement, de cartes postales et de civilisation nous a fait le plus grand bien! et c'est reparti pour les sapins et la neige à perte de vue...

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08 avril 2008

Promenons-nous, dans les bois

Résumé de la situation: au fil de ce blague vous avez pu comprendre (ou pas) que:

1 - je suis perdue au fin fion du trou du monde, à Troulala-les-Oies, un petit bled minier d'une supposée population de 30.000 âmes...mais vu qu'on croise pas grand monde dans le coin, jcommence à croire que le dernier recensement date de la ruée vers l'or. A moins que l'on soit confronté au premier cas d'hibernation généralisée, ce qui serait pas si con d'ailleurs devant l'économie faramineuse que cela représenterait en terme de boîte de chocolats, de prozac et de cookies au sirop d'érable, kit de survie indispensable à toute traversée de l'hiver si tu veux pas te retrouver à te regarder les amygdales avec ta 22long rifle après 4 mois à te geler les abricots à -20°C...

2 - il y a de la neige partout et il fait freeeeette!

3 - je travaille pour une communauté d'amérindiens déplumés

4 - depuis peu, je suis l'heureuse demi-propriétaire d'un vaisseau spécial

Voilà donc l'essentiel! Pour compléter le tableau, conscience professionnelle oblige (à n'en point douter une foule de recruteurs potentiels parcourent quotidiennement ce blog!) voici un petit article sur la job. Oui notons que les Québécois sont un peu nos Jane Birkin à nous, des fois ils aiment bien se tromper sur la genre de le mot.

La job donc. Pour de vrai, je passe ma viiiiiiie dans un bureau très animé où il m'arrive de bosser, entre autre sur un projet longtemps négocié avec le boss qui préférait me voir m'épanouir professionnellement sur l'archivage de dossiers poussiéreux ou la réalisation sans fin de powerpoints (dans laquelle tout agroparisteak digne de ce nom excelle, il faut bien le dire, puisqu'en deux ans nous nous sommes cognés la retranscription quasi intégrale de wikipédia version diaporama, et ce dans toutes les langues de la création...). ppt

J'envisage d'ailleurs faire carrière dans le ppt. "Bonjour je suis Powerpoint Woman, Justicière de la diapositive et des effets d'animation, cliquez ici pour ajouter un titre".
Pour prendre rdv, soyez imaginatifs...


Bref mon projet concerne donc l'aménagement d'une bleuétière dans la communauté algonquine (ndlr : site de cueillette de bleuets) histoire de leur faire un peu de sous et de créer des emplois.

bleuet

"Quoi?!? tu es chez les sauvageons et tu t'amuses à planter des choux au lieu de chasser le caribou à mains nues et de tanner des peaux de castor avec les dents???" vous entends-je déjà brailler à mon oreille délicate. Hé bien non grand dieu pas seulement! Nous profitons pleinement de ce stage pour profiter de l'expérience inestimable de ces authentiques représentants des Premières Nations d'Amérique. (pi de toute façon la chasse aux caribous est interdite, na)
Donc après la job pour de vrai, un peu triste puisque principalement devant ordi, voici la partie pour de faux du stage (genre une fois tous les 4 matins) mais nettement plus exotique !

Notre dernière sortie en date "dans l'bois" remonte donc à quelques semaines, durant la session "inventaire faunique". Comprenez simplement par là le relevé de traces d'animaux dans la neige fraîche...
Le but de la manœuvre est d'étudier l'impact des coupes de bois sur les animaux. On fait donc des comparaisons des relevés effectués dans les vieilles forêts, dans des espaces replantés, dans des milieux fraîchement coupés et régénérés etc.

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Là où c'était l'fun c'est que nous étions équipés de raquettes vraiment monstrueuses, genre des planches de surfs en tendons d'orignal, et que tu es sensé ensuite traverser des buissons d'épines, enjamber des rivières, marcher sur des arbres  avec tes deux portes d'armoires vaguement ficelées à tes godillots le tout sans lâcher des yeux ni ta boussole ni ton GPS ni la trace du gars de devant sans laquelle tu risques de t'enfoncer jusqu'au genou et mourir dans d'affreuses souffrances... LE - REVE !
C'est encore plus orgasmique quand vient le tour des deux françaises (les ptites bizutes!) d'ouvrir le chemin dans 2m50 de poudreuse.Tout de suite, les -15°C passent mieux, on enlèverait presque son manteau! Enfin au moins un demi-gant...

raphquettejoraphquettefouillefouille

Tout ceci occasionne donc des jolies vautres, ou "fouilles" dans le jargon, mais dont la gent française s'est toujours tirée avec grâce, élégance et distinction, cela va sans dire.

Nous avons eu la chance de croiser pas mal de jolies pistouilles, magnifiquement interprétées par nos guides de choix, Sagan et Vic les Algonquins, et Jonathan le supervisor. Voici quelques photos, et votre premier cours d'anishnabe (orthographe approximative...mille excuses!)

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La loutre, Podôc (=Podouch) - La Martre, Wabceci (=Obchéchi)

lievrelynxecureuil

Le lièvre (wabôs = wabouss), son prédateur le lynx (pijiô) et l'écureuil (Ajijimuc = Adjidjimouch)

Le loup (moigan), l'ours (moko) et l'orignal (moos) pour la prochaine fois on espère!
En tout cas ça te calme de voir un vieux bonhomme observer deux minutes un vague trou informe dans la neige et te dire : "ça, c'est une femelle orignal, elle porte deux veaux".
Ouais enfin il manque quand même la date de la mise bas et la couleur des yeux des futurs bambins, mais on peut pas trop leur en vouloir, c'est quand même des sauvages, ne l'oublions pas.

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06 avril 2008

Vers l'infini et au-delà !!!

Après moult batailles - supplications - vols à main armée - bakchichs  - menaces et autres petites gâteries du genre, cette MAGNIFIQUE Mazdada de 91, 250.000kms et des poussières est bien A NOUS!


Hormis l'absence de frein à main, la quasi inexistence de phares, le coffre qui s'ouvre en tirant sur une ficelle depuis le siège arrière et des rétroviseurs qui nous disent merde et nous renvoient gaiement le reflet du bitume, elle roule! et c'est bien ça le principal...Ah oui, nous suspectons également la jauge à essence de dire "toujours plein!", mais bon c'est plus positif que "toujours vide!"

C'est donc partiiii FREEDOM!!!
Article suivant: notre premier rallye sur verglaglas, suivi du guide pratique du remorquage
carossemazdada

Promis 'Man on l'a pas volée c'est juste qu'y a pas de plaque d'immatriculation à l'avant des chars au Québec...

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04 avril 2008

Recette de pêche blanche en image

Pour bien réussir vos pêches blanches en un tour de main!
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Tout d'abord, préchauffez votre four à moins 20°C.


Liste des ingrédients:
Pour 6 personnes
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4km²x1m d'eau bien claire, à l'état solide (à mettre au congélateur la veille)

1 skidoo (autrement appelé "motoneige")
1 sleigh (ou traîneau)
6 beaux spécimens de navets, pour la garniture (dont 2 d'origine française)
50kg de fourrures, tuques, mitaines et autres accompagnements
12 bottes doublées
1 bouquet d'Algonquins tout frais
50m de fil à pêche
20 porte-cannes

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Etape 1:
Préparation des navets.
Sortez vos six beaux navets du réfrigérateur.bottes
Sans ménagement, assaisonnez-les de bonnets, mitaines, cols de fourrures et autres épices de votre choix. Terminez par les bottes (truc & astuce: vous pouvez les chemiser de papier journal pour en faciliter le démoulage).
Laissez transpirer quelques minutes puis replonger à température basse (-15 à -20°C).

Etape 2: Mixage des navets : passage au combiné skidoo+sleigh
Pour la purée de navets, saisissez vous de votre skidoo Moulinex sur lequel vous fixerez l'accessoire sleigh (=traîneau). 
Garnissez la sleigh de 4 navets, réservez les deux autres.
Allumez le skidoo, réglez la vitesse sur 80km/h et mixez les 4 navets pendant 20 bonnes minutes.

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Remplissage du panier de navet, puis mixage intensif pendant 20 min à température ambiante

Etape 3: Préparation des pêches blanches.
Les 4 navets bien refroidis et en compote, des 2 autres gonflés d'aise, vous pouvez à présent les déposer surequipage la glace.

Jetez-y le bouquet d'Algonquins pour lier le tout (deux bonnes douzaines de préférence) et appréciez le mélange des saveurs.
A l'emporte-pièce, découpez de jolis puits dans la glace puis piquez-les de porte-cannes. Agrémentez d'herbes à votre goût pour ne pas perdre de vue le trou. Incorporez 3m de fil à pêche dans le puits. Vous y aurez préalablement fixé l'appât (bourride de poulpe, filet de lotte sauce myrtilles ou maquereaux à la calabraise feront très bien l'affaire).
Laissez mijoter quelques heures, en agitant régulièrement.

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N'oubliez pas de pétrir régulièrement les extrémités des navets, notamment celles des deux spécimens d'origine française, pour raviver pleinement leur saveurs.

Etape 4: Lever les filets
Lorsque le mélange foisonne et que le fil pestonne, sortez la pêche promptement du bouillon en utilisant une passoire. Rafraîchissez les filets de pêche en les plongeant dans la glace.
Dénoyautez. Vous pouvez faire frire ou consommer tel quel.

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CONSEILS :
anguille

_ Ne vous découragez pas! Même les plus grands s'y sont heurtés...La préparation des pêches blanches est longue et ardue, prenez votre mal en patience!




laclassejo_yvan


_ Prévoir éventuellement des sandwichs pour tout le monde au cas où vos pêches blanches ratent! Il y a parfois des risques de se retrouver avec 3 pêches pour 35 convives...

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28 mars 2008

C'est l'hiveeer que le diable l'emporte

Mes amiiis allumons un grand feu!

Voilà qui est chose faite! Après le désormais mondialement célèbrissime barbuk de notre ami Charlot les pattes dans 70cm de neige (selon nos sources, les ventes auraient triplé depuis la parution de cette photo choc!), revenons-en au bon goût des choses simples comme dirait Mme Herta, trêve d'artifices laissons les joies des virils veaux d'acier crameurs de merguez à 800$ aux hyporembourrés du slibard et allumons quelques jolies brindillettes innocentes.

C'est donc à l'occasion de notre week end sociabilisation que nous avons eu le privilège de nous faire cuire les moufles avec pas moins de 6 autres personnes dans notre entourage immédiat!!! (Un record depuis notre précédente sortie en pleine civilisation. C'était début février 2008)

feurafcindy

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Eh oui, rappelons que Val-d'Or (et même Val-Hiberne) est tellement perdu dans le fin fion du trou du cul du monde, que même le réchauffement climatique ne s'aventure pas jusque là...donc trouver des potes ici, c'est comme tenter de cueillir des tulipes en janvier.

BON on aurait ptête aussi pu essayer de pas tomber sur les seuls Dérangeos de la région qui trippent à cramer des buches la nuit par - 20°C quand il neige, vente, et qu'à 3m de là y a un bon poêle qui nous tend les flammes... (et vas y qu'on butinait le feu plus goulument qu'un troupeau de mouches d'vant un beau bronze tout chaud!!!)

Mais en même temps...ce n'était rien qu'un feu de joie mais il nous avait chauffé le corps...etc.

Enfin TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN: finalement le choc culturel paf on l'crisse aux poubelles quand tout le monde se retrouve sur des principes planétaires basiques: la fondue au chocolat, y a qu'ça de vrai.

grossebouffondue

ouaisdesamis

On continue dans la lancée avec le brunch carlosesque du lendemain (et on a toujours autant d'amis! Plus Charles! youpi! On va bientôt pouvoir en revendre si ça continue)


Suivi d'une balade CANADESQUE sur la rivière gelée.

buissonbaladedubuissonmoigan

sauvagescindytuquerugby

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Puis départ pour La Sarre, petit bledos situé à quelques deux heures de notre trou. Objectif: assister au Festival des Langues Sales, et bien sûr, petites lèches que nous sommes, venir acclamer et encenser Jonathan notre maître de stage qui fait le show avec deux de ses alcoolytes. En même temps il a menacé de nous virer si on venait pas..

obe
Premier groupe plus que décalé mais bien marrant (2 guitares, 1 basse, 1 mandoline et un banjo qui reprennent les béruriers, Vulgaires Machins, Nirvana, RHCP, Mickael Jackson...i sont fous ces québecois!!!) ce qui nous rappelle tristement une fois de plus que toute personne sensée ne peut survivre en ces conditions thermiques démoniaques (les flammes de l'enfer en moins) et qu'il est véritablement nécessaire d'AVOIR UN GRAIN pour passer l'hiver icitte.

blackbillys

Puis nous assistons ENFIN à l'arrivée DU groupe PHARE! Les VARMOUSSEUX! YOUHOUUUUU!!! (jreste en mode groupie au cas où Maîîîître traînerait ses yeux par icitte) 

languessales2languessales

La culture traditionnelle de l'Abitibi est à l'honneur ce soir ! (pour toute question sur la relation banjo-culture traditionnelle abitibienne, merci de se référer aux paragraphes précédents sur les inévitables et malencontreuses séquelles des basses températures sur les cortex abitibiens...)
Nos grandissimes Varmousseux nous ont donc fait une belle démonstration de braillage traditionnel, accompagnés de guitares, accordéon, violon, flûtes, mais aussi guimbardes et truc marrant avec la scie dont on ne se souvient jamais du nom mais qui est classe à placer dans un dîner mondain. (photo du milieu)

loversciefrancois

jonathan

Voilà, c'est ça mon maître de stage. Cette photo sera peut-être la dernière publiée de ma vie (l'abitibien est très susceptible de nature...)

Merci de prévenir les autorités en cas d'absence de nouvelles sur ce blog dans les semaines à venir (vous avez jusqu'à fin avril, le temps que la neige fonde - pour pouvoir retrouver mes restes!)


Hasta l'Abitibista, baby.

Posté par Raphounette à 02:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]