03 mai 2008

Moose hunting

Petite note introductive:

Eh oui, nul n'ignore que mondialisation oblige, nous vivons actuellement des temps sombres où le sous-traitement fait rage... Et même les blogs finissent par y passer! Le principe est simple: parce que rien qu'à la vue d'un ordi, vos dents du fond se mettent à baigner, ou parce que simplement vous n'avez plus une minute à vous, vous décidez d'envoyer vos photos hors contexte à une petite entreprise qui se charge de raconter vos aventures pour vous (sans savoir vraiment de quoi il en retourne).
Pour des raisons linguistiques, cet article n'a cependant pas été réalisé à Taïwan mais par un authentique spécimen francophone basé en Écosse (pour la touche exotique) que je salue bien bas d'ailleurs pour sa performance grandiosement illuminée!!!

Cher public,

Vous devez certainement penser que ce blog manque un peu d’adrénaline, d’action et de steak de caribou. J’avoue que traverser des lacs gelés au péril de ma vie et manquer de finir congelée chaque matin en sortant de chez moi, ça va bien un peu, mais on s’en lasse rapidement. C’est un peu comme dans Indiana Jones, au dixième pont de lianes, on en viendrait presque à espérer que cette fois-ci, il va finir dans un croco.

C’est pourquoi j’ai décidé le week-end dernier, de participer au grand concours annuel de chasse à l’orignal, du village indien de Pluhmdanlcuk, qui peut se traduire littéralement par « là-où-la-rivière-est-rapide-et-où-les-écureuils-batifolent ».

concours

 

Tous les ans, les meilleures gâchettes de la région se retrouvent à Pluhmdanlcuk, et partent affronter les bêtes sauvages et les éléments déchaînés, dans l’espoir de revenir victorieux, un moose en travers des épaules (bon en vrai, c’est plutôt à l’arrière d’un pick-up mais ça casserait le mythe).

Les participants peuvent se regrouper par équipes, pour augmenter les chances de surv… de descendre un orignal, et se partagent le butin à la fin. Je vous présente donc notre équipe de choc :

- Jo, ma fidèle coéquipière,

- Gérard, notre guide spirituel qui a fait vœu de silence (là il dit qu’il a faim),

- Pas-une-flèche, une redoutable guerrière algonquine,

- et moi, Raph, aventurière sans peur et sans reproche.

_quipe

 

Avant de partir à la poursuite du bestiau, plusieurs rituels s’imposent. Tout d’abord il faut s’attirer les bonnes grâces des dieux de la nature. Ca c’est important, ça permet d’éviter de se retrouver coincés sous une avalanche, d’être foudroyé, ou encore de se faire attaquer par des lapins enragés, tout dépend de si les dieux sont très fâchés, ou pas trop fâchés (tout ça c’est de la métaphysico-théologo-cosmolonigologie abitibienne, dont je vous passe les détails).

Pour commencer, on demande au dieu des orignals (on dit des orignaux ?) de nous autoriser à massacrer quelques-uns de leurs congénères, en expliquant qu’on en a marre du MacDo.

serpent

Là je suis en pleine concentration...lapin

 

Ensuite, on s’excuse d’avance auprès des dieux des autres bestioles pour les dommages collatéraux en perspective, vu qu’on sait pas viser, et que si on voit un truc qui bouge, on tire.


Johanna, en train de saluer le dieu des loups.

 

Une fois cette formalité accomplie, il nous reste une seconde tâche importante : nous constituer des raquettes en tendons d’orignal, afin de pouvoir nous aventurer fièrement dans les grandes forêts enneigées. Il faut savoir que les pluhmdanlcukois mettent un point d’honneur à partir chasser avec des raquettes de fabrication artisanale, et les raquettes Decathlon sont interdites par le règlement.

Pour fabriquer de belles et résistantes raquettes, c’est très simple. D’abord il faut faire bouillir les tendons dans une grande cuve remplie de graisse de castor afin de les imperméabiliser. Il suffit ensuite de les tresser bien serrés, perpendiculaires les unes aux autres, puis de les attacher sur des morceaux de bois d’érable.

bouillontryagainraquette

 

fildentaire

Johanna a bien essayé de s’en faire un string, mais ça n’a pas marché.

 

 

Une fois tous équipés, et après une longue préparation psychologique, nous sommes enfin partis, armés jusqu’aux dents, et bien décidés à ne pas revenir brocouilles.

couteaugretel
Jean-Michel, notre fournisseur d'armes

 

Nous avons joyeusement enfilé nos raquettes flambant neuves, et sommes partis à la queue leu leu, Gérard en tête (Gérard étant muet, il a un très bon odorat), et Pas-une-flèche fermant la marche (c’est la plus petite donc si un couguar se pointe, ça sera pas une grande perte).

C’est là qu’on a réalisé que marcher dans la neige au milieu de la forêt avec dix kilos de bric-à-brac sur le dos, c’est marrant cinq minutes, mais ça n’a rien d’une promenade de santé. Alors quand il faut en plus enjamber des troncs d’arbres, et escalader des cascades gelées… l’idée de faire demi-tour et de rentrer se pieuter fissa, finit par se profiler à l’horizon.

Mais notre rage de vaincre et surtout le bidon de rhum que j’avais eu la présence d’esprit d’emporter, nous ont redonné le courage de continuer.

dentifrice

 

Mais traquer l’orignal, ça ne s’improvise pas. Comme nous l’expliquait plus tôt Pas-une-flèche, il faut penser comme un orignal, agir comme un orignal, devenir soi-même orignal, afin d’emprunter les mêmes chemins…qu’un orignal. Alors bon, c’est bien joli tout ça, mais comment on fait l’orignal, me direz-vous ?

Je vous propose une explication en image, admirez le travail (un indice : tout est dans les oreilles) :

muflelutin

 

Avec une telle maîtrise de la technique, nos efforts ont donc fini par payer, et après avoir malencontreusement tiré sur une ou deux chouettes, une espèce d’ours, et un lynx des montagnes … nous avons enfin déniché un orignal, bien fourré, gros et gras, et tout à fait disposé à finir en brochettes !

accidentschoupinette
                                                    Notre cible

Et là, tout s’est enchaîné très vite. Jo et moi avons commencé à tirer approximativement dans la direction de l’animal, ce qui n’a pas servi à grand chose, à part évidemment faire fuir notre steak sur pattes. C’est là que Gérard s’est héroïquement jeté sur le steak en question, le faisant trébucher, et permettant à Pas-une-flèche de lui décocher un carreau d’arbalète en plein dans le mille.

Après avoir passé une heure à dégager Gérard de sous la carcasse, nous sommes joyeusement rentrés au campement, avec de la viande pour 6 mois.

Le soir, un grand banquet était organisé en notre honneur, et Gérard nous a préparé un ragoût, tandis que Pas-une-flèche allait chercher du sirop d’érable pour arroser tout ça.

campchaudroncrystal

Le chef du village en personne nous a félicités pour notre bravoure, et nous a offert des peaux de bêtes ainsi qu’un tapis en poils de marmotte, très tendance (ce qui a failli provoquer une dispute quant à savoir qui allait le garder pour chez lui, mais notre diplomatie d’ingénieur nous a permis de remporter la mise).

tintincarpette

De retour à la civilisation (enfin tout est relatif), il a tout de même fallu stocker 150 kilos de futur-steak dans le congélo (on aurait pu les laisser dehors, mais on n’est jamais trop prudent par les temps qui courent). Je dois dire que découper un bestiau pareil en petits morceaux n’a pas été chose facile, mais que voulez-vous, un barbec d’orignal, ça n’a pas de prix !

daltoncricket

Et j'empaquète encore et encore...Mais après l'effort, le réconfort!

 

Alors si vous sentez que vous avez un petit creux ou si vos papilles sont avides de saveurs sauvages, n’hésitez pas à nous rendre visite, il y en aura pour tout le monde !

Notre prochain objectif après cette expérience épique : tuer un ours à mains nues. Paraît que c’est pas mauvais non plus …

 

Note bis: revanche à suivre sur http://findingnessie.blogspot.com/

Posté par Raphounette à 19:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Moose hunting

    ouha...

    ...comment se faire allumer le cerveau en 4 mois avec la neige!!lol Dis donc, tes délires sont de plus en plus poussés à mesure que tu batifolles dans la neige! Ils y mettent des substances toxiques??
    Nan, ca avait l'air génial ce petit trip! Vous avez vu des caribous!!ouha!!
    Bisous ma belle!

    Posté par Dorothée, 13 mai 2008 à 17:04 | | Répondre
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