24 mai 2008

On n'est pas sortis du bois !

Deux mois à subir le froid, la neige, le verglas, le sevrage au Ste Maure-de-Touraine.

Suivi d'un mois à réapprendre à vivre avec le soleil (après un s'être pris + 40°C dans la tronche en 2 semaines genre pif il fait -20, pouf il fait + 20). Cette période est d'ailleurs une vraie bénédiction: les gens sont heureux, rient comme des foufous ; les petites vieilles (qu’on croyait toutes mortes pendant l’hiver) ressortent enfin le bout de leur nez ridé, maintenant que le col de leur fémur est à l’abri sur le béton bien sec, et  s’en vont enquêter toutes fébriles sur qui a bel et bien trépassé (c’est le Survivor du troisième âge) ; enfin ceux parmi les moins hardis qui n’avaient pas encore osé sortir leur méga barbecue du garage franchissent enfin le pas (troisième évènement national après la loi sur la francophonie et la date anniversaire de l’invention de la poutine).

Malheureusement pour nous, ce doux passage fut intégralement consacré au travail « plate » de bureau, échéances de projets obligent. En résumé, 3 mois à loucher sur les pixels de nos ordinateurs. 3 mois de stage laborieux qui se sont finalement envolés en fumée en l’espace de deux jours épiques.

Pour situer le contexte, notre maître de stage nous a lâchement abandonné il y a deux semaines de cela pour aller se consacrer à l’étude de l’impact sur la faune des produits contaminant utilisés par les mines d’or de la région. Accompagné de trois algonquins, il trappe et chasse le castor, l’ours et l’orignal, prélève des échantillons de foie qu’il fait par la suite analyser pour établir le degré d’empoisonnement des animaux. Concrètement, il est payé pour faire ce dont tous les Québécois mâles rêvent pour leur week-ends et vacances. Dormir au bord d’un lac, se promener en pick-up et tirer quelques cartouches. Comme on geignait depuis des semaines sur nos tristes sorts de trimeuses d’intérieur, notre cher maître nous a finalement embarqué avec lui.

Direction la nature sauvage, la vraie, ce que tout le monde appelle ici "le bois".

lac

Ca c'est le cadre.

Arrivée au camp le mercredi soir avec un couple de collègues et Louisa notre amie algonquine, pour retrouver nos trappeurs - chasseurs de choc. Sur le chemin, petite introduction au métier avec l'étude de traces déposées fraîchement dans le sable par des animaux qu'on ne préférerait pas croiser seul la nuit...

tentemoigan


Les campeurs ont installé une giga tente sur place. C'est sympa y a des bouts de castors attrapés la veille éviscérés un peu partout. Euh sinon, y a pas des ours et des loups dans la coin ? "Bah s'ils viennent on aura pas à aller les chercher" Les Français manquent décidément de jugeote...
Soirée tranquille : canot, "banique" (pain traditionnel amérindien, cuit dans l'huile youhou!) et musique. Bon, on est un peu déçues de ne pas les voir bouffer du castor cru mais on apprendra plus tard que c'est juste parce qu'ils mangent léger le soir...
 

 

canotcindy
pechetente2musique

Après un charmant réveil à 5h juste pour nous pourrir (d'habitude la dream team soulève les paupières 2h plus tard) puis un petit déjeuner de...baniques, départ pour le terrain. Au programme, vérifier les pièges à castors et les collets à ours. Sur le chemin, de nouvelles traces très excitantes!

traceloup

Un "petit" loup ici (gloups). On retrouve dans ses crottes ce qui ressemble à des ongles de caribou. Il ne reste qu'un micro-troupeau de 30 individus dans la région, il faut donc en  informer les agents de conservation et s'arranger pour que le loup ne remette pas ça...un collet est posé sur le sentier.

colletloupcolletcollet_loup

Les pièges à castors et à ours n'ont rien donné ce matin. Mais on repère un autre coin avec des traces fraîches d'ours! Une mère et son petit sont passés tôt ce matin. Alors on utilise les restes de castors attrapés et faisandés pour appâter. Sans les gants, c'est plus fun.

mokosagan

Retour au camp ensuite pour le déjeuner (cooool des baniques! et des spaghet', moins exotiques...) puis travail intense. Pour la bonne conscience, on tente un geste d'utilité communautaire : avec Johanna on s'empare des kits de chimistes fous et testons la qualité de l'eau du lac. Ostie elle est fraîche en criss!

travaildurcanot2echantillonphfroide_echantillon2canne

Ensuite, petit atelier séchage de peau de castor. La peau est d'abord retirée de l'animal puis étendue sur un cerceau de bois pour pouvoir sécher.

peaucastorlouisa

Enfin entourées par toute cette testostérone et ces cartouches, on n'aurait pas pu y échapper... Planquez-vous !!!

acouvertattention

Bon il a été prouvé que les animaux n'avaient vraiment rien à craindre avec nous deux (quoiqu'un ours en train de s'pisser de rire dessus, ça bouge moins vite)


Et voilà pour cette expérience mémorable! Il ne nous manque plus que les toques de trappeurs en raton-laveurs...

6danslacaisse

Enfin pour la petite histoire, qui malheureusement ne se finit pas toujours bien pour tout le monde, il faut savoir que winnie et sa maman sont finalement tombés le lendemain dans les filets de nos trappeurs scientifiques...pour le bien de leur prédécesseurs.

oursonpatte

Posté par Raphounette à 18:30 - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur On n'est pas sortis du bois !

    Et donc, le steak d'ours, ca a quel gout et ca se cuisine comment ?

    Posté par Cecile, 27 mai 2008 à 10:58 | | Répondre
  • Ca s'avale cru pardi!!! En plus les poils facilitent le transit...

    Posté par raph, 27 mai 2008 à 16:50 | | Répondre
  • Ouhahoua!

    Le styñe trappeur te va a ravir!! Sexy!
    Alors, qd tu nous reviens tu m´apprends a traquer l´ours dans le bois de vincennes? jijijiji
    Contente que les rayons de soleils arrivent enfin chez toi! Ca doit etre trop beau a voit tt qui fond!

    Gros bisous ma choupiotte!

    Dorothée

    Posté par Dorothée, 28 mai 2008 à 17:38 | | Répondre
  • non mais c est honteux, tu veux nous faire croire que t es en stage la ?
    ca a tout d un safari chasse ou tu payes pour dezinguer de pauvres petites (ou grosses) betes en voie de disparation qui n ont rien demande a personne que le droit de mener leur petite vie... un jour tu expieras tes crimes, les pigeons parisiens te les ferront payer a ton retour

    Posté par xavier, 29 mai 2008 à 23:40 | | Répondre
  • Objection votre honneur!

    Moi aussi mon esprit d'européenne vampirisée par notre Brigitte nationale m'a fait grincer des dents face à l'abattage annuel d'un cheptel suffisant pour repeupler les pyrennées, les alpes et le zoo de vincennes, mais ici ils n'ont pas vraiment le même rapport vu qu'il y a limite plus d'ours que d'habitants!
    Sans déc, l'année dernière (qui a été une mauvaise année à fruits sauvages) ils ont dû descendre 80 ours qui barbotaient dans les poubelles de la ville...
    Donc les ptit gars ne sont pas vraiment en voie de disparition, et en plus ça n'est pas du gachis à la française vu que chez les algonquins, qd tu descends un ours, tu le bouffes!

    Posté par raph, 31 mai 2008 à 14:58 | | Répondre
  • la chasse à la galinette

    "T'as le bon chasseur, il voit un animal, il tire !"

    Et bien ça c'est de l'aventure bien comme il faut. Il fait pas trop froid dans la tente ?

    Toujours bien raconté avec les détails croustillants comme tu sais bien le faire frangine

    Tu as maintenant une garde robe complète, je veux bien un cul d'ours pour faire une casquette ...

    @+

    Posté par Fabien, 06 juin 2008 à 20:38 | | Répondre
  • qu'ils meurent tous! et garde une griffe pour te faire un pendentif! grande classe, la belle...
    oui, je suis pour la paix dans le monde..
    plein de bisous... et vite, vite un autre article!

    Posté par Flo, 16 juin 2008 à 16:57 | | Répondre
  • qui ose utiliser mon prenom et mettre un lien vers un site de biere?? non mais.
    a voir la photo dans la tente un croirait que tu es en patagonie avec des mapuches. tres etrange.

    Posté par Fabien, 20 juin 2008 à 03:43 | | Répondre
  • Ah bah je t'imagine tout à fait à 4 pattes, flairant les pistes et écoutant les vibrations du sol qui annonce l'arrivée de Winnie...
    Je pense que tu peux lancer le string en peau de castor quand tu rentres en France, à l'INA ça devrait faire fureur
    muchos besos
    Bigoud au Costa Rica

    Posté par Bigoud, 28 juin 2008 à 01:34 | | Répondre
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